EPIDEMIOLOGIE
LE VIH EN FRANCE
La prévalence de l’infection par le VIH en France est estimée entre 113000 et 141000 fin 2007.
Bien que cinq millions de sérologies aient été réalisées en 2008 (79 pour 1000 habitants), l’activité de dépistage est à la baisse par rapport à 2005.
Parallèlement, le nombre de nouvelles séropositivités découvertes qui diminuait significativement depuis 2004, semble se stabiliser.
Cette tendance s’explique principalement par la diminution des découvertes de séropositivité chez les personnes originaires d’Afrique subsaharienne contaminées par rapports hétérosexuels, alors que dans le même temps le nombre de découvertes a augmenté chez les hommes contaminés par rapports homosexuels.

INVS: BEHweb n°2, 27 novembre 2009 • Surveillance du dépistage et du diagnostic de l’infection VIH et du sida, France, 2008
6500 séropositivités VIH ont été découvertes en 2008
Répartition en fonction du sexe

INVS: BEHweb n°2, 27 novembre 2009 • Surveillance du dépistage et du diagnostic de l’infection VIH et du sida, France, 2008
La proportion d’hommes infectés est en constante augmentation depuis 2003. Cette «masculinisation» est liée à l’augmentation constante de la proportion d’hommes contaminés par rapport homosexuels (26% en 2003 et 38% en 2007) , seul mode de contamination pour lequel le nombre de découvertes ne diminue pas.
Age moyen au diagnostic d’infection à VIH en 2007: 38,2 ans
On remarque que les femmes se font dépister moins tardivement que les hommes.
Mode de contamination

INVS: BEHweb n°2, 27 novembre 2009 • Surveillance du dépistage et du diagnostic de l’infection VIH et du sida, France, 2008
Les personnes contaminées par rapports hétérosexuels sont en majorité des femmes (53%) et la moitié sont originaires d’un pays d’Afrique subsaharienne.
1 contamination sur 2 touche un homme homosexuel.
Découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination, sexe, nationalités et année de diagnostic

données au 31/12/2008 corrigées pour les délais de déclaration, la sous-déclaration et les valeurs manquantes
INVS: BEHweb n°2, 27 novembre 2009 • Surveillance du dépistage et du diagnostic de l’infection VIH et du sida, France, 2008
Chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, le nombre de découvertes de séropositivité a augmenté de 2003 à 2006 de 26 à 38%, alors que la proportion d’hommes contaminés par rapport hétérosexuel reste stable à 42%.
Cela indique que les homosexuels hommes continuent à avoir des comportements sexuels à risque, malgré les diverses actions de prévention qui leur sont dirigées.
A noter que 90% d’entre eux sont de nationalité française.
41% des découvertes de séropositivité VIH concernent une personne de nationalité étrangère, dont 71% sont originaires d’Afrique subsaharienne (82% des femmes et 58% des hommes).
35% d’entre elles ont été contaminées par rapports hétérosexuels.
Néanmoins ce nombre est en baisse depuis 2003 chez les femmes étrangères, et françaises d’ailleurs, et depuis 2005 chez les hommes étrangers, alors qu’il est stable pour les hommes contaminés par voie hétérosexuelle de nationalité française. Cette population semble donc avoir un meilleur accès au dépistage et aux soins au fil des ans.
Quant aux usagers de drogues injectables, 77% sont de nationalité française mais 10% sont originaires d’Europe de l’Est ou du Centre et 6% d’Afrique du Nord. L’incidence des nouveaux diagnostics les concernant continuent de baisser, mais cette population n’en reste pas moins surexposée au VIH si on la compare à la population générale.
Stade clinique lors du diagnostic

INVS: BEHweb n°2, 27 novembre 2009 • Surveillance du dépistage et du diagnostic de l’infection VIH et du sida, France, 2008
Les hommes homosexuels sont plus souvent diagnostiqués au moment d’une primo-infection. De même ils sont moins souvent diagnostiqués au stade sida. Inversement les hommes hétérosexuels sont dépistés tardivement à 40%, c’est à dire à moins de 200 CD4, et un sur cinq au stade sida.
Quel que soit le groupe, la proportion de diagnostics au stade sida a diminué progressivement de 24% en 2003 à 13% en 2008 tandis que les découvertes à un stade asymptomatique ou de primo-infection se font plus précoces.
Malheureusement, de nombreux diagnostics sont font encore trop tardivement puisque 50% se font à moins de 350 CD4 et presqu’un tiers à moins de 200 CD4.
Répartition géographique
Les régions les plus touchées sont la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique et, en France métropolitaine, l’Ile de France, les régions PACA, Alsace et Midi-Pyrénées.
La région Ile-de-France regroupe 44% de l’ensemble des découvertes de séropositivité, 29% des découvertes chez les hétérosexuels français, 38% chez les homosexuels et 59% chez les hétérosexuels étrangers.
Cependant aucune région n’est épargnée par l’épidémie, avec un taux de découverte de séropositivité moyen de 167 cas/million d’habitants.

Taux de découvertes de séropositivité VIH/million d’habitants
INVS: BEHweb n°2, 27 novembre 2009 • Surveillance du dépistage et du diagnostic de l’infection VIH et du sida, France, 2008
1550 découvertes au stade sida
Répartition en fonction du sexe: 31% sont des femmes.
Age moyen au diagnostic de sida en 2007: 43 ans
Mode de contamination:

INVS: BEHweb n°2, 27 novembre 2009 • Surveillance du dépistage et du diagnostic de l’infection VIH et du sida, France, 2008
Le nombre de cas de sida diminue dans tous les groupes.
Les thérapies antirétrovirales semblent efficaces puisque l’incidence du sida est en baisse chez les personnes en ayant bénéficié (18%).
Pathologies inaugurales du SIDA en France en 2007

INVS: BEHweb n°2, 27 novembre 2009 • Surveillance du dépistage et du diagnostic de l’infection VIH et du sida, France, 2008
Les pathologies non tumorales sont ainsi plus fréquentes que les tumorales (sarcome de kaposi, lymphomes non hodgkiniens et cancer invasif du col)
Répartition géographique
Les taux de cas de sida diagnostiqués sont particulièrement importants en Guyane, Martinique et Guadeloupe. En France métropolitaine, l’Ile de France et la région PACA sont les régions les plus touchées.

Taux de cas de sida/million d’habitants
INVS: BEH n°45-46, 1er décembre 2008 • Surveillance de l’infection à VIH-sida en France, 2007
Mortalité
On observe une stabilisation de la mortalité due à l’infection, avec, en 2006, 809 décès déclarés comme étant directement liés au VIH.
Ce chiffre est le résultat de l’amélioration des traitements et des efforts de prévention.

Évolution des tauxstandardisés de décès dus au VIH entre 1987 et 2006, en France métropolitaine
Au total
Quelques grandes évolutions caractérisent l'épidémiologie récente de l'infection par le VIH en France:
la stabilisation du nombre de découvertes de séropositivité
l'augmentation des pratiques sexuelles à risque chez les homosexuels hommes
la diminution des découvertes de séropositivité chez les personnes originaires d’Afrique subsaharienne
la diminution du nombre d'usagers de drogues injectables nouvellement infectés par le VIH